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L'Angleterre connut à la fin du XIXe siècleun
mouvement pour la réforme des arts appliqués.
William Morris, peintre, écrivain et décorateur
anglais en fut l’inspirateur :ainsi est né le
mouvement Arts and Crafts (arts et métiers).
Partisan d'une symbiose parfaite entre art et artisanat William
Morris créa le premier magasin d'objets mobiliers et
de décoration à la portée de la bourgeoisie
moyenne. Il appelait celà l'art du peuple pour le peuple.
L’Arts and Crafts Exhibition Society
fut constituée et commença à organiser,
à Londres des expositions de meubles, de tapisseries,
d’objets de décoration, d’étoffes….
Morris, Ashbee, Crane, Charles A. Voysey, dont la tendance
au dépouillement est très marquée, participèrent
à ces expositions. Ces artistes voyaient dans le retour
au travail artisanal le moyen de dépasser l’aliénation
de l’art par l’industrie.
A l’instar de J. Ruskin et E. Viollet-le-Duc, ils dénoncent
une production de masse et commerciale indifférente
à la valeur esthétique et lui opposent la créativité
de l’individu. A travers ces expositions et la réalisation
d’édifices, d’un néo-gothique sobre,
ces artistes diffuseront en Angleterre et sur le continent
leurs inventions décoratives où domine l’arabesque
florale.
Dans le reste de l'Europe, l’Art Nouveau, apparu
à la même période, se propose également
de promouvoir l'art au service de la vie, en apportant une
réponse aux exigences de modernité et au désir
profond d'imprimer un style nouveau au siècle naissant.
C’est un art qui aspire à se libérer
de toute référence stylistique au passé.
Il s’est développé en Europe, autour de
plusieurs centres, sans que l’un d’eux ait pris
la tête du mouvement, dans les domaines de l’architecture
et des arts décoratifs.
Il prendra différentes appellations selon les pays
: Modern Style en Grande Bretagne, Liberty
en Italie, Arte Joven en Espagne, Style Coup
de fouet ou Velde Style en Belgique, Jugenstil
en Allemagne. En France, le terme vient du nom donné
par Samuel Bing au magasin qu’il ouvrit en 1895 à
Paris. Certains, par dérision, donneront à cet
art l’appellation style nouille ou style métro.
Ces termes, dans leur acception générale, traduisent
une profonde volonté de s’affranchir des styles
du passé et de l’éclectisme qui dominaient
ce siècle. Bien que les peintres aient été
les initiateurs de ce mouvement, la peinture perd la suprématie
qu’elle avait eue pendant ce demi-siècle.
Dans le développement de l’Art Nouveau, la peinture
devient un élément du décor. L’architecture
elle-même n’est plus la mère de tous les
arts. Cependant, ce sont les architectes qui, voulant donner
une conception unitaire de l’ensemble, se sont intéressés
à la décoration intérieure, dessinant
jusqu’au moindre objet.
Les arts graphiques comme la gravure, la
lithographie, l’affiche, ainsi que les arts du livre,
la typographie et la reliure, ont connu un essor remarquable.
La spécificité de l’Art Nouveau
réside dans ses intentions théoriques qui peuvent
se résumer à ces deux idées-forces :
l’unité de l’art et l’art pour tous.
Cette recherche d’unité de conception exigeait
en architecture une cohérence entre structure décoration
et mobilier et conduisit les artistes à dessiner tout,
des plans de maçonnerie à chaque élément
du mobilier.
Dans les ateliers, de grands ébénistes, -Majorelle,
Vallin, Gallé, Gaillard, Cona, Prouve, Rupert, - qui
étaient souvent aussi des céramistes, des orfèvres,
des verriers, des architectes, des décorateurs, créent
des meubles luxueux en employant de matériaux coûteux.
D’autre part, des fabricants produisent en série
des meubles à bas prix et de qualité médiocre.
L’art nouveau cherche à tirer
parti des possibilités techniques et expressives qu’offraient
les nouveaux matériaux (fer, verre, ciment). La représentation
de la nature, des motifs floraux en particulier, coquelicots,
pavots, volubilis, fougères, lianes, chardons, nénuphars,
libellules et papillons sera présente sur les meubles
en bois d’acajou, entrera dans les décors de
verre teinté, soufflé, vases et lampes signés
Lalique, Galle, Daum.
A Bruxelles, en 1893, un jeune architecte, Victor Horta,
offrit la plus parfaite expression architecturale de l’Art
Nouveau en dessinant l’Hôtel Tassel. Une cage
d’escalier spectaculaire forme le pivot de la distribution
axiale et symétrique de l’édifice.
A Paris, Guimard, auteur des célèbres stations
de métro de Paris à Bruxelles, Van de Velde,
à Munich Endell figurent parmi les artistes les plus
éloquents de l’Art Nouveau. |