lundi 24 novembre 2014
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  Histoire du Maroc
  Documentation
LA PREHISTOIRE  
En l’état actuel de nos connaissances, la préhistoire de l’Afrique du Nord demeure relativement énigmatique même s’il est certain que c’est sur ce continent, et plus précisément en Tanzanie, que le « plus lointain ancêtre de l’Homme » fait son apparition il y a environ deux millions d’années. C’est également en Afrique que l’Homme entame les premières étapes de son évolution en apprenant à chasser et à façonner des outils de pierre plaçant déjà l’Humanité sur la voie de la civilisation.
Grâce à un certain nombre de découvertes archéologiques, certaines phases de la préhistoire de l’Afrique du Nord, et du Maroc en particulier, semblent posséder des caractéristiques spécifiques.
 
Le Paléolithique inférieur (environ – 1 500 000)
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Cette phase du Paléolithique ou de «l’époque de la pierre taillée », caractérisée par la première manifestation de l’activité créatrice de l’Homme et de son intelligence (c’est-à-dire les prémices de la taille de la pierre), a révélé un grand nombre de similitudes entre l’Afrique du Nord, l’Europe mais également l’Asie. En effet, le galet plus ou moins aménagé est partout la première création humaine.
Au Maroc, le climat tropical humide engendre une flore très dense (savanes et forêts) et une faune diversifiée. Le nombre de ses habitants, aux caractéristiques proches de celles de l’Homme de Néanderthal (c'est-à-dire un crâne aux os épais, au profil fuyant avec une arcade sourcilière saillante, des orbites enfoncées, une mâchoire très forte) est réduit. Ils sont petits, marchent voûtés et vivent principalement de cueillette et de chasse de petits animaux.
Même si la grande majorité de leur outillage, très rudimentaire, semble être en bois ou cuir, le façonnage et l’usage de la pierre taillée (qui consiste à modifier la forme de galets en détachant des éclats par chocs, afin d’obtenir une sorte de tranchant ou de pointe) sont attestés par la découverte d’un nombre considérable de ces outils en pierre sur le plateau de Salé, à Tardiguet el Rahla et à Souk el Arba. Ainsi, le Maroc connut également cette « pebble culture » ou civilisation du galet.
La taille de la pierre se perfectionne peu à peu. On passe alors du galet aménagé au « biface» ou au « hachereau» caractéristiques d’Afrique du Nord (au lieu d’une pointe comme sur les coups-de-poing européens, on a une arête tranchante).
Les plus importantes découvertes de bifaces taillés à la pierre ont été faites à Sidi Abderrahmane et celles de bifaces taillés au bois à Jbel Irhoud.
 
Le Paléolithique moyen : l’Atérien (environ – 50 000)
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Cette phase de la Préhistoire est spécifiquement nord-africaine et son nom provient du gisement de Bir El Ater en Algérie.
Le façonnage d’outils fait preuve d’une assez grande maîtrise. Le silex, pouvant se débiter en éclats minces, coupants et résistants, s’est substitué aux roches dures de la période précédente, laves ou quartzites, difficiles à tailler. Ce sont désormais les éclats de galets que l’on utilise et les outils obtenus sont par conséquent de dimension réduite. De très beaux exemples, parmi lesquels se trouvent de fines lames, pointes, racloirs et grattoirs ainsi que des pièces taillées sur les deux faces, ont été découverts près de Casablanca, au gisement de Tit Mellil et à Taforalt.
Il est fort probable que la population connut une sensible croissance liée au fait que l’armement de ces chasseurs devient plus efficace, améliorant ainsi leurs conditions de survie.
Il faut également noter un appauvrissement de la faune en Afrique du Nord (les hippopotames se raréfient) dû principalement aux transformations climatiques. L’assèchement du Sahara, jusque-là région à flore abondante, commence, et en se poursuivant, aboutira à l’isolement de l’Afrique du Nord.
 
Le Paléolithique supérieur (environ – 15 000)
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Cette phase de la Préhistoire est caractérisée par l’apparition de l’ « Homo sapiens », un nouveau type d’homme très proche de l’homme actuel, et par la disparition de l’Homme de Néanderthal. Cette dernière demeure jusqu’à présent énigmatique.
Le Caspien et l’Ibéro-maurusien appelés aujourd’hui Mouillien ou Oranien –de la Mouillah en Algérie-, contemporains du Magdalénien et de l’Azilien européens, se partagent l’Afrique du Nord. Bien que ces deux industries lithiques coexistent, le Mouillien précède chronologiquement le Caspien dont le nom vient de Gafsa, l’ancienne Caspa en Tunisie.
D’après un certain nombre de fouilles archéologiques, l’introduction du Caspien correspond à l’arrivée d’une population venue d’Orient il y a environ neuf mille ans. Il semblerait qu’elle soit l’ancêtre très lointain des actuels Berbères même si la question de l’origine des Berbères reste, dans l’état actuel de nos connaissances, insoluble.
Le Caspien se maintient du VIIIe au Ve millénaire et se caractérise par un outillage de plus grande dimension que celui du Mouillien, qui géographiquement concerne le Maroc et le littoral du Maghreb. Cette civilisation serait apparue entre 30 000 et 20 000 avant JC et se caractérise par des outils de petite taille, l’apparition d’outils en os et d’éléments de parure, principalement des coquillages. Les premiers nécessitent un façonnage et polissage d’une grande habileté alors que les seconds attestent l’apparition et le développement certain du souci esthétique. C’est le début de l’art, de la fabrication de beaux objets dont la fonction primordiale n’est plus exclusivement celle « de survie ».
Les premières préoccupations esthétiques apparaissent à travers la décoration gravée de divers objets allant du récipient utilitaire aux éléments de parure.
Au Maroc, les hommes commencent à occuper des campements durables près des sources mais surtout le long de la côte même s’il semble peu probable qu’ils étaient marins ou pêcheurs.
Le Mouillien se caractérise également par l’introduction de rites funéraires précis dénotant des préoccupations religieuses. En général, les morts ont le corps en décubitus latéral, les incisives arrachées et à Taforalt, les os ont été peints.
Même si le Caspien semble avoir éliminé ou absorbé les populations précédentes, celle des Mechtoïdes (Homme de Mechta el-Arbi) dont l’industrie était le Mouillien, se maintient et semble même progresser vers le centre du Sahara pendant le Néolithique.
 
Le Néolithique (environ – 4 000)
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Au Maroc, cette phase de la Préhistoire ou « époque de la pierre polie » n’est pas antérieure à 4 000 avant JC et semble s’être prolongée jusqu’en période historique.
Entre 4 000 et 2 000 avant JC, l’assèchement du Sahara entre dans sa phase finale laissant quelques îlots fertiles isolés et provoque la migration de sa population vers le Nord, l’Est et le Sud.
Il est généralement admis que depuis 1 000 avant JC, le climat n’a pas connu de transformations radicales. La faune locale évolue sensiblement avec une augmentation considérable d’antilopes et une stagnation du nombre d’éléphants et de fauves.
L’événement déterminant au premier millénaire avant notre ère est l’introduction d’animaux domestiques (chiens, moutons, bovidés et chevaux) et l’amorce de la substitution de la chasse par l’élevage.
Véritable révolution, l’agriculture se répand grâce aux perfectionnements de l’outillage de pierre polie, aux haches et aux pioches. A Dar Soltan, un nombre important de haches polies a été découvert alors qu’à Achakar ce sont de délicates pointes de flèches qui ont fait l’objet d’une découverte.
Des fours rudimentaires et tessons de céramique modelée attestent de l’introduction de la céramique.
La mise au jour de la nécropole de Rouazi, dans la région de Skhirat en 1980, s’est révélée d’une importance capitale, apportant la preuve qu’en plus des activités agricoles et pastorales caractéristiques du Néolithique, celles de la pêche étaient également pratiquées au Maroc. Plusieurs sépultures possédaient également un riche mobilier funéraire composé d’objets en os, en ivoire, de haches polies et d’un grand nombre de vases en céramique de formes et décoration variées.
La nécropole de Skhirat, Kahf Taht al Ghar et Ghar Kahal comptent parmi les sites les plus importants.
Au Maroc comme en Afrique du Nord, le Néolithique semble avoir subi l’essentiel de ses influences d’Egypte ou du Proche-Orient, soit par voie terrestre à travers le Sahara soit par voie maritime, l’existence de la navigation méditerranéenne, dès le premier millénaire avant notre ère, ayant été prouvée.

 
La fin de la Préhistoire : la Protohistoire (environ – 2 000)
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La Protohistoire, ou époque des métaux, est caractérisée au Maroc par la présence d’outils de bronze même si leur origine exacte est encore très problématique. Nous ne savons toujours pas s’ils étaient de fabrication locale, imitant des outils introduits par le commerce ou par des envahisseurs, ou simplement importés. De plus, les fouilles ont été trop peu nombreuses pour que, de la rareté des armes et des outils de bronze (épée de l’oued Loukkos, la hache en cuivre de l’oued Akreuch,…), nous puissions en tirer une quelconque conclusion. Et pourtant, l’existence de nombreuses gravures sur tables de grès dans le Haut Atlas de Marrakech (au Yagour, à l’Oukaïmeden et au Tizi N’tirlist), représentant des armes de bronze (poignards et hallebardes ou haches d’armes), prouvent sans l’ombre d’un doute la relative vulgarisation du métal au Maroc. Les plus spectaculaires de ces gravures sont contemporaines de l’âge du bronze espagnol d’El Argar (1700 à 1200 avant JC).
Un nombre important de gravures a été relevé tout le long de l’oued Draa et du Jebel Bani.
Hormis les représentations d’armes, les figurations humaines, animales et les dessins géométriques sont très fréquents. Quelques espèces de la faune représentée n’existent plus.
Certaines gravures rupestres du Haut et de l’Anti-Atlas (plus de deux cent quarante sites renfermant chacun au moins soixante-dix gravures) restent énigmatiques. Beaucoup de figures sont symboliques, la plupart ayant probablement une signification mythique ou religieuse encore inconnue. Cependant, il est évident qu’en observant certaines représentations, l’aspect purement décoratif domine, incitant à supposer qu’elles ne possèdent pas uniquement une fonction rituelle.
La façon remarquable dont les artistes ont représenté aussi bien les hommes et les animaux que les chars de course constitue une véritable révélation artistique.
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