ECHAHED, Rabiaa (Née en ?)

préside association Bassamat, Chaouia Ouardigha DOSSIER DE PRESSE Le Ministère de la culture organise l’exposition de l Artiste Rabiaa Echahed à la galerie Mohammed El Fassi du 22 au 08 FEVRIER 2010. Vernissage de l’exposition vendredi 22 Janvier a 18h L’ART ETHERE Dans cette période de transition que traverse l’art de notre temps à l’échelle de la planète, le plasticien ne sait, à maints égards à quel saint se vouer. Entre la copie fidèle du réel et la pure fantaisie de création conceptuelle quelquefois même immatérielle, l’artiste flotte, hésite bien souvent avant de se donner en spectacle. Partagée entre sa passion pour le legs ancestral et son penchant pour un art en mouvement, Rabiaa Echahed se retrouve en pleine piste baudelairienne .Dans sa trajectoire de créatrice angoissée, elle s’en va en quête d’inspiration effrénée. Elle choisit, arrange, devine pour célébrer la quintessence d’un élan, de quelque mouvance inassouvie. Née sur un terroir qui glorifie le cheval, porté d’ailleurs dans les nues, en plein centre de la cité où elle mène des jours non moins amovibles, Rabiaa Echahed a célébré le pur-sang en guise d’expérience, partageant ainsi quelque attrait pour la noble monture avec Eugène Delacroix. Rabiaa Echahed était même allée, dans une manifestation internationale à cet effet , exhiber ses toiles dans le même espace d’art qui abritait des œuvres de Delacroix vantant le cheval, il y a dix ans de cela à Tours en France .La plasticienne en revient enrichie .Du grand maître du romantisme , elle fut marquée par la contenance et même le trait de Delacroix à même de rendre la force , la fougue même ou le geste exalté . C’est alors que la plasticienne s’est trouvée en pleine représentation par le trait de l’instant fort, eut-il été la belle monture en transe, ou ce moment rare d’inspiration qui envahit l’artiste musicien lequel artiste ignore le monde alentour et se trouve collé à son violon ou faisant corps avec sa harpe ou encore emporté par le flux et le reflux de son accordéon. Au mouvement exquis, elle joint ces envolées aériennes pour peindre un instant de rêve lorsque, encore enfant, dut-elle me confier, elle se voyait déjà ballerine exhibant les charmes envoûtants d’une chorégraphe prodige . Son environnement ne lui ayant point permis de dévoiler ses talents multiples ni de jouir tout son soul, pinceau à la main, du charme dévêtu, Rabiaa Echahed concentre ses pulsions en touches évasives .L’accessoire n’a pas droit de cité puisque l’artiste ne peint pas des personnages mais des moments émotionnels tout court. Voilà pourquoi ses protagonistes ne sont ni convulsifs ni avortés. Un penchant vers quelque expressionnisme modéré comme si la plasticienne s’était rangée du côté de Paul Morand, célèbre ennemi du mouvement allemand qu’il eut taxé de calamité germanique et brumeuse . Ni magnifiés ni franchement laissés pour compte, ses personnages sont perçus comme dans un songe. L’artiste n’a-t-il pas en effet ce pouvoir d’animer nos rêves, de leur donner l’illusion de la forme et la substance matérielle . Voilà ce qui est fait. Rabiaa Echahed s’en sort sans laisser de ses plumes ,au point de se faire des soucis d’anatomie. Quand, il y a cinq siècles, des géants de l’art tels que Léonard de Vinci et Michel Ange faisaient des recherches anatomiques afin d’atteindre la vérité à leurs yeux d’artistes, ils durent marquer de pessimisme le reste de leur vie, suivant des historiens car, plus ils découvraient le monde physique, plus ils réalisaient les limites de leur savoir. Cette prise de conscience aura-t-elle suffi pour que l’art moderne se fît peu de cas du détail et que soit enfanté, au milieu des années soixante du siècle dernier l’art dit minimal ? Rabiaa s’en inspire mais n’en garde que ce souci d’économie de moyens à la limite de la litote, cette figure de rhétorique qui consiste à suggérer davantage avec le minimum de moyens. L’art de Rabiaa Echahed ainsi dévoilé se veut une tentation consciente de sublimer l’instant rare. Voilà pourquoi avec ses rythmes et ses créations, elle ennoblit, encense, métaphorise pour donner un maximum de mouvement à l’image perçue Placée dans ce dilemme entre sa mission d’artiste doublée de surcroît de présidente d’association de plasticiens, et sa tentation de créatrice en quête de liberté, d’efflorescence, Rabiaa Echahed sculpte, cisèle ses visions sans jamais tout dévoiler dans ses œuvres. Dire le réel dans tous ses états c’est supprimer les jouissances de l’attente ; partir en quête de muse, en envolées lyriques cousines du rêve. Voilà l’art éthéré. Ahmed FASSI