LAKHDAR, Boujemaa (1941-1989)

Boujemâa Lakhdar (1941 - 1989) Pionnier de la peinture souirie, il était fortement inspiré des arts et traditions populaires du Maroc. Boujemaa est considéré comme le doyen des peintres d'Essaouira. Par son oeuvre et son intérêt pour la culture, il reste la personnalité artistique la plus marquante". Boujemâa Lakhdar fut conservateur du Musée des Arts Populaires d'Essaouira de 1980 à 1989 date de son décès. Il faisait des recherches dans différents domaines : magie populaire, chants traditionnels, sculpture, artisanat et l'histoire de sa ville pour laquelle il vouait une passion particulière. En tant qu'artiste, il a toujours étonné par la créativité et l'originalité de son oeuvre. Dans ses sculptures, il introduisait avec soin et souplesse, des figures géométriques ciselées dans des plaques en cuivre. Il était remonté aux sources même de ce graphisme symbolique en interrogeant les livres de magie populair.e. Lakhdar s’intéressait intensément à la culture populaire sous toutes ses formes, en particulier l’artisanat dont il maîtrisait la plupart des techniques traditionnelles et plus particulièrement l’art des décors. Il établissait un lien entre les motifs de ces décors et ceux de la magie telles qu’elle est représentée, en particulier, dans les petits livres rouges des magiciens dont il était un fervent lecteur et un collectionneur. 0n peut se faire une idée de cet intérêt en lisant de lui l’empire des signes. Un texte qu’il avait écrit pour une encyclopédie. Cette étude, parmi beaucoup d’autres de même veine, devrait figurer dans toute exposition des œuvres picturales de Lakhdar car elle constitue l’une des clés majeures pour l’interprétation de ses « tables magiques » aussi bien que de ses tableaux. Ses tables et tableaux étaient, disait-il volontiers, des talismans. Il était ainsi à sa manière un « magicien » : les organisateurs de l’exposition des « magiciens de la terre » à Paris, au centre Georges Pompidou ne s’y sont pas trompés ; ils ont sélectionné l’œuvre de Lakhdar comme unique dans l’ensemble du Maghreb. À cet intérêt intense et permanent pour les signes s’ajoutait un intérêt tout aussi intense pour sons, ceux de la musique profane aussi bien que ceux de la musique sacrée…….. Extrait d’un article de l’ethnologue français Georges Lapassade.