BOUHCHICHI, M'barek (Né en 1975)

Né le 25 décembre 1975 à Akka, au Sud du Maroc. 1994 - Baccalauréat Arts Plastiques-Rabat Depuis 1996 - Il enseigne les arts plasqtiques à Lakhssas au sud de Tiznit où il vit et travaille. Expositions collectives: 2002 Arrouya-Tiznit 2004 47éme Rencontre des Arts Plastiques-Tiznit Exposition individuelle 2004 "ABSOLUTment Artiste" Le 5inq-Essaouira. Participation: Nov.2003 "La toile évolutive"-Saint-Denis France. De larges coups de brosse couvrent la partie supérieure du tableau. Bouhchichi travaille uniquement sur la toile de coton. Afin de ne pas trop la charger, il la prépare au préalable ; ainsi, même quand des éléments de matières apparaissent sur la surface, le support garde sa légèreté. C’est la partie supérieure de la toile qui est largement traitée. Toute intervention sur la partie inférieure n’est que fait du hasard, ou l’artiste veut-il nous en donner l’impression : Quelques coulures ou quelques passages hasardeux du pinceau avant la signature placée tout en bas du tableau. La palette de l’artiste est très sobre. Elle tend vers la non couleur plutôt que la couleur proprement dite. Quand ce n’est pas le noir face au blanc dans le contraste le plus innocent, les couleurs sont dépouillées de leurs lumières jusqu’à la limite de l’extinction. Le rouge est poussé à abandonner son feu et à s’éteindre ; le même procédé est appliqué au bleu ou aux autres couleurs. Quand il s’agit d’introduire une couleur dans sa réalité, généralement le rouge et le bleu, ou dans leurs variantes le rose et le violet, l’artiste le fait avec beaucoup de pudeur. Quant à la composition, elle se présente toujours sous forme de plans superposés ou opposés : le haut et le bas, mais aussi une juxtaposition de plans chromatiques marquant un contraste de couleurs. Mais, mis à part les contrastes clair-obscur, ceux chromatiques ne sont ni aigus ni agressifs. Les frontières entre les plans ne s’arrêtent pas d’une manière nette, ce qui ne laisse jamais le regard en rupture. L’œil glisse agréablement d’un plan à l’autre grâce au geste élégant de l’artiste. Ce monde en mouvement, en lutte souterraine ou intérieure, comme nous le suggère M’barek Bouhchichi est aussi un monde inachevé, incomplet et non encore tout à fait construit. Le vide qui y règne, ici représenté par le blanc, n’est pas un gouffre mais la condition même du mouvement. Un monde complet, parfait, est un monde mort. Que chacun trouve l’espace blanc, vierge du monde pour y intervenir. Texte de Moulime Laroussi